Échange cordial entre le pape et les jeunes orphelins.
Ce centre d’accueil pour enfants en situation de détresse situé à Yaoundé, a vécu le 15 avril un moment d’exception avec la visite du Souverain pontife.
Dans une atmosphère empreinte d’émotion et de recueillement, les pensionnaires de l’orphelinat Ngul Zamba ont réservé un accueil chaleureux au pape Léon XIV, mêlant chants, prières et expressions de joie sincère.
Dès son arrivée, le Souverain pontife a été accueilli par une soixantaine d’enfants vêtus de pagnes bleus confectionnés spécialement pour son voyage apostolique au Cameroun. En chœur, ils ont entonné une chanson de bienvenue préparée pour l’occasion, sous le regard bienveillant des religieuses de la Congrégation des Filles de Marie de Yaoundé qui encadrent le centre.
Pour Mère Régine Cyrille Ngono Bounoungou, superviseure générale de la congrégation, cette visite revêt une portée historique. Elle intervient alors que la communauté célèbre son centenaire, fondée en 1926 à l’initiative de Mgr François-Xavier Vogt et Mgr René Graffin.
« C’est une grâce immense de vous recevoir dans cet orphelinat Ngul Zamba, la force de Dieu », a-t-elle déclaré, soulignant que la présence du pape vient couronner un siècle de mission au service des plus vulnérables au Cameroun et au Tchad.
La religieuse a rappelé la vocation profonde de la congrégation : offrir aux enfants démunis bien plus qu’un toit et de la nourriture, mais une véritable famille. Les établissements scolaires affiliés accueillent d’ailleurs non seulement les pensionnaires, mais aussi des enfants issus des quartiers environnants, sans distinction d’origine ou de religion.
« Nous leur offrons une formation intégrale et surtout la chaleur d’un foyer chrétien », a-t-elle ajouté.
Au cours de la rencontre, les enfants ont exprimé avec simplicité leur attachement au Saint-Père. Certains, marqués par des parcours difficiles, ont néanmoins affirmé ne pas se considérer comme orphelins, convaincus d’appartenir à une famille plus large : celle de l’Église. Dans une spontanéité touchante, ils ont demandé sa bénédiction : « Bénissez-nous, nous sommes vos enfants, au nom du Seigneur. »
Dans une atmosphère chargée d’émotion, le pape Léon XIV a insisté sur la dignité et la valeur de chaque enfant présent. Pour lui, ces enfants sont accueillis dans une véritable famille spirituelle où Dieu est Père, et où Jésus est le frère aîné qui rassemble et fortifie.
« Cette fraternité vous rend forts, vous aide à porter ensemble les fardeaux de la vie et vous donne une joie véritable », a affirmé le Saint-Père.
Conscient des blessures portées par certains enfants, le pape n’a pas éludé la réalité de leurs souffrances. Il a évoqué l’absence des parents, le rejet, l’abandon, la peur et l’incertitude. Mais son message s’est voulu résolument tourné vers l’espérance.
« Vous êtes appelés à un avenir plus grand que vos blessures. Vous êtes porteurs d’une promesse », a-t-il déclaré avec force.
Et d’ajouter : « Là où il y a la misère, la souffrance ou l’injustice, Dieu est présent. Il connaît vos visages et Il est tout proche de vous. »
S’appuyant sur l’Évangile, il a rappelé que Jésus plaçait les enfants au centre de son regard et de son amour, invitant chacun à croire en une espérance capable de transformer les vies.
Le pape Léon XIV s’est également adressé aux responsables de l’orphelinat, aux religieuses, éducateurs, bénévoles et personnels encadrants. Il a salué leur engagement comme un témoignage concret d’amour et de miséricorde.
« En prenant soin de ces enfants, vous anticipez la joie promise par le Seigneur à ceux qui servent les petits », a-t-il rappelé, qualifiant leur action de « visage de la miséricorde divine ».
Le Saint-Père a enfin encouragé tous les acteurs de terrain à persévérer dans leur mission, qu’il a décrite comme précieuse et irremplaçable.
Sœur Antoinette Marie Beyina, responsable de l’orphelinat, a exprimé une profonde gratitude pour cette visite qualifiée d’exceptionnelle. Au-delà de la rencontre officielle, ce moment restera comme un temps fort de fraternité et d’espérance, où les enfants de Ngul Zamba ont pu se sentir pleinement au cœur de l’attention du Saint-Père.
Ndong Joseph
