Le pape Léon XIV félicité par le chef de l’Etat au terme de son intervention.
Devant un parterre représentatif des forces vives de la Nation, le pape Léon XIV a livré, au Palais de l’Unité, un message sans détour,invitant les Camerounais à une introspection collective et esquissant les fondations d’une paix durable.
C’est dans la salle des banquets du Palais de l’Unité que s’est tenue, le 15 avril 2026, cette rencontre de haut niveau réunissant près de 1 500 personnalités.
Autour du président de la République et du Souverain pontife, toutes les composantes de la société étaient présentes : membres du gouvernement, parlementaires, autorités judiciaires, religieuses et traditionnelles, responsables militaires, universitaires, acteurs économiques, représentants d’ONG, organisations de jeunesse et corps diplomatique. Une diversité assumée, reflet d’une volonté d’inclusion portée par les autorités.
À 17 heures précises, l’entrée du couple présidentiel, aux côtés du chef de l’État de la Cité du Vatican, déclenche une salve d’applaudissements. Dans une atmosphère solennelle, le président Paul Biya ouvre les interventions.
Après les civilités d’usage, il dresse un tableau préoccupant du contexte international, marqué par la multiplication des conflits, la fragilisation des économies et l’aggravation des souffrances humaines.
« Dans ce monde tourmenté, le message de paix que vous portez résonne comme une source d’espérance », souligne-t-il, appelant à l’avènement d’un ordre nouveau fondé sur le dialogue plutôt que sur la violence. Il plaide pour une réorientation des priorités mondiales, où les ressources consacrées aux guerres serviraient davantage au bien-être des peuples.
Prenant la parole à son tour, le pape Léon XIV salue ces propos empreints de lucidité, avant d’adopter un ton direct. Face aux défis que traverse le Cameroun, il refuse toute complaisance et appelle à un examen de conscience collectif.
Dans la lignée de ses prédécesseurs, il interroge : « Où en sommes-nous ? Quels fruits ont porté les valeurs de justice, de réconciliation et de paix que nous proclamons ? Et que devons-nous encore accomplir ? »
Pour le Souverain pontife, la construction d’une paix véritable repose d’abord sur des piliers essentiels : l’amour, la justice et le rejet absolu de la violence. Mais au-delà des principes, il insiste sur la nécessité d’un engagement concret et partagé.
Les autorités publiques sont en première ligne, mais elles ne peuvent agir seules. La société civile, dans toute sa diversité, est appelée à jouer un rôle déterminant. Associations, organisations de femmes et de jeunes, syndicats, ONG, leaders religieux et traditionnels : tous doivent contribuer à ce chantier collectif.
Le pape insiste également sur des exigences précises : la transparence dans la gestion des ressources publiques, le respect de l’État de droit, la consolidation d’institutions crédibles. Il appelle à investir massivement dans l’éducation, la formation et l’entrepreneuriat des jeunes, considérés comme les véritables artisans de demain. Il plaide aussi pour une meilleure coordination des actions publiques, au service exclusif de l’intérêt général.
Dans un passage particulièrement marquant, Léon XIV met en garde contre les dérives morales : « Il faut libérer le cœur de la soif excessive de gain, qui devient une forme d’idolâtrie. Le véritable progrès est celui du développement humain intégral. »
Un appel fort à l’éthique, adressé autant aux dirigeants qu’aux citoyens.
La rencontre s’achève sur une bénédiction du Saint-Père pour le Cameroun. Au-delà du symbole, ce geste se veut un engagement spirituel pour la réconciliation, l’unité et la renaissance d’un vivre-ensemble apaisé.
Dans une salle attentive, le message a résonné comme une invitation pressante à transformer les consciences pour reconstruire durablement la paix.
Martial Mbembe
