Le pape Léon XIV bénissant l’eucharistie.
Près de 120 000 fidèles venus de divers horizons ont pris part à la messe pontificale présidée par le pape Léon XIV, au troisième jour de sa visite apostolique au Cameroun.
Ni la chaleur accablante, ni la réverbération suffocante du bitume de l’esplanade du stade de Japoma n’ont réussi à entamer la ferveur populaire. Des milliers de personnes, catholiques, chrétiens d’autres confessions et même non-chrétiens, ont convergé vers ce haut lieu pour recevoir la bénédiction du souverain pontife.
Ils ont afflué de toute la province ecclésiastique de Douala, de la région du Sud-Ouest, mais aussi de pays voisins tels que le Tchad, le Nigeria et le Gabon, pour prendre part à cette célébration eucharistique, point culminant de l’étape doualaise de la visite papale.
À 10h45, l’entrée de la papamobile dans l’enceinte du stade déclenche une vague d’enthousiasme indescriptible. Les fidèles, en liesse, entonnent des chants, poussent des youyous et agitent drapeaux et foulards.
Le pape, souriant, salue la foule tandis que son véhicule avance lentement vers l’autel. Les couleurs du Vatican et du Cameroun flottent dans les airs, traduisant la qualité des relations entre les deux États.
Plusieurs participants brandissent également des rameaux verts, symboles d’un appel pressant à la paix, au Cameroun comme dans le monde, un message cher au Saint-Père.
Dix minutes plus tard, la procession d’entrée s’ébranle. Entouré d’un collège de cardinaux, d’évêques et de prêtres, le pape rejoint la chapelle provisoire érigée pour la circonstance.
Le stade de Japoma prend alors des allures de place Saint-Pierre de Rome, tant la communion spirituelle est palpable. La diversité des participants, venus de multiples pays, confère à la célébration une dimension universelle.
L’animation liturgique est assurée par une chorale de plus de 200 voix, vêtues de tenues spécialement confectionnées pour la visite pontificale. Les chants, exécutés dans plusieurs langues locales, captivent l’assemblée, portée par le rythme des instruments traditionnels.
L’ambiance est à la fois festive et recueillie, et de nombreux fidèles immortalisent l’instant à chaque apparition du Saint-Père.
Dans son mot de remerciements, l’archevêque de Douala, Mgr Samuel Kleda, exprime sa profonde gratitude au pape ainsi qu’aux autorités camerounaises pour avoir permis à la ville d’accueillir cet événement d’envergure.
Il qualifie cette visite de « don exceptionnel » pour l’année 2026, intervenant en pleine célébration pascale. Pour lui, le pape incarne un messager d’amour, de paix et de justice dans un contexte mondial marqué par les crises et les incertitudes.
Cette visite, souligne-t-il, constitue une source d’espérance et promet d’abondants fruits spirituels.
Au nom des fidèles de la province ecclésiastique de Douala, Mgr Kleda remet au Saint-Père des présents symboliques, notamment une pirogue sculptée, évoquant la communication et le lien entre les peuples, ainsi qu’un tabouret traditionnel, symbole d’autorité.
La mobilisation ne s’est pas limitée aux fidèles. Les autorités administratives, politiques et traditionnelles ont également répondu présentes en grand nombre. La tribune officielle s’est révélée exiguë face à l’affluence des personnalités venues assister à l’événement.
Représentant le président de la République, le ministre Paul Atanga Nji a pris part à la cérémonie, aux côtés du gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et chefs traditionnels du département du Wouri.
Au final, cette messe pontificale à Japoma restera comme un moment de communion intense, marqué par une mobilisation sans précédent et un profond élan de foi, à la hauteur de l’événement historique que constitue la visite du pape Léon XIV au Cameroun.
Mandeng Henri
