L’ouverture de la session parlementaire le 10 mars au Sénat a été marquée par un appel appuyé à la participation politique des jeunes et des femmes, le doyen d’âge de la Chambre, René Ze Nguele, les a invités à saisir les opportunités qu’offriront les prochaines élections législatives et municipales.
Comme à chaque début de session, l’hémicycle du Sénat a retrouvé son ambiance particulière faite d’échanges cordiaux, de poignées de mains et de conversations animées entre parlementaires. Quelques minutes avant l’ouverture officielle des travaux, une figure attire particulièrement les regards. Le président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, n’est pas installé au perchoir mais au fond de la salle, recevant tour à tour les salutations de ses collègues. Les sénateurs viennent lui serrer la main, tandis qu’il répond avec un sourire discret qui laisse transparaître une certaine sérénité. Cette présence n’est pas anodine. L’un des enjeux de cette session réside en effet dans l’élection des membres du Bureau de l’institution.
Plusieurs observateurs s’interrogent déjà sur la reconduction éventuelle de Marcel Niat Njifenji à la tête du Sénat. En attendant cette échéance, la conduite des travaux revient au doyen d’âge, conformément au règlement intérieur de la Chambre. Pour cette séance inaugurale, un seul point figure à l’ordre du jour : le discours d’ouverture du doyen d’âge. René Ze Nguele débute son propos par une séquence empreinte d’émotion. Il rappelle qu’à la même période l’an dernier, alors qu’il présidait les travaux au Sénat, Laurentine Koa Mfegue dirigeait, de son côté, l’ouverture de session à l’Assemblée nationale. Suite au décès de cette dernière, il invite les sénateurs à observer une minute de silence en sa mémoire. Un moment solennel qui plonge brièvement l’hémicycle dans le recueillement. Après cet hommage, le doyen d’âge revient sur plusieurs sujets majeurs de l’actualité nationale. Il évoque notamment les prochaines échéances électorales, en particulier les élections législatives et municipales. Même si leur report a été annoncé par le président de la République, il estime que les différentes forces vives du pays doivent d’ores et déjà s’y préparer. Dans cette perspective, René Ze Nguele lance un appel clair aux jeunes et aux femmes afin qu’ils participent activement
au processus politique. Selon lui, ces élections constituent une occasion importante pour ces catégories sociales de s’impliquer davantage dans la vie publique.
Elles leur offriront, souligne-t-il, « l’opportunité de s’engager de manière plus hardie dans le jeu institutionnel de notre pays afin de participer de manière plus effective à la gestion des affaires publiques ». Le doyen d’âge émet par ailleurs le voeu que ces consultations électorales contribuent à renforcer l’expression démocratique et à consolider la stabilité des institutions, qu’il considère comme un socle essentiel pour le développement
national.
Le discours a également abordé une autre préoccupation majeure : la recrudescence des féminicides observée ces dernières années dans le pays. À peine sortie de la célébration de la 41 édition de la Journée internationale des droits des femmes, la Chambre haute du Parlement a exprimé son inquiétude face à ces violences. Le doyen d’âge a insisté sur la nécessité de mettre un terme à ces crimes et de renforcer les actions en faveur de la protection des femmes. « Nous avons à coeur la question de l’autonomisation des femmes et celle de l’égalité de genre », a-t-il déclaré devant l’assemblée. Enfin, René Ze Nguele a évoqué un rendez-vous international important que le pays s’apprête à accueillir. Le Sénat se dit prêt à abriter la Conférence parlementaire de l’Organisation mondiale du commerce, prévue ce mois-ci en marge de la Conférence ministérielle de l’OMC.
L’événement devrait réunir de nombreux parlementaires et responsables gouvernementaux, sous la conduite du Premier ministre Joseph Dion Ngute. À travers ce discours d’ouverture, la session de mars du Sénat s’annonce ainsi comme un moment à la fois institutionnel et politique, marqué par des enjeux nationaux importants et des perspectives de participation citoyenne élargie.
A. Moussa
