Le RDPC en première ligne, l’opposition se mobilise progressivement, tandis que chefs traditionnels et candidats entament leurs rendez‑vous électoraux pour séduire les collèges clés.
La campagne pour les élections régionales 2025 est officiellement lancée et certains partis ont pris une longueur d’avance. Dès samedi dernier, le déploiement des candidats et la mobilisation des électeurs ont commencé, tandis que d’autres formations s’activent depuis ce lundi pour convaincre les collèges électoraux. Les élections régionales se déroulent à suffrage indirect, et les 11 partis en lice disposent d’un délai de 15 jours pour séduire les conseillers municipaux, principaux électeurs de cette consultation. Les candidats issus du commandement traditionnel doivent également obtenir le vote de leurs pairs dans le même laps de temps. Dès le premier jour de campagne, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), considéré comme le grand favori, a donné le ton. Présent dans l’ensemble des 58 départements du pays, le parti a diffusé la profession de foi de ses candidats et détaillé sa stratégie de campagne à travers le déploiement de ses équipes sur le terrain. Le Secrétaire général du Comité central, Jean Nkueté, est par ailleurs intervenu samedi soir sur la CRTV, à l’occasion d’un programme spécial consacré aux régionales.
Sur le terrain, plusieurs cadres du RDPC ont entamé les premières concertations. Philemon Yang, chef de la délégation permanente régionale du Comité central pour le Nord-Ouest, a ouvert le bal à Bamenda. L’objectif : s’assurer que les conseillers municipaux du parti voteront en faveur des listes du RDPC, tout en renforçant la confiance des candidats dans les différents départements. Dans le Sud, la démarche a été reproduite : Minette Libom Li Likeng a tenu une réunion à Mvila, tandis que Luc Magloire Mbarga Atangana a organisé un rassemblement dans le département de la Mefou-et-Afamba. L’opposition, quant à elle, démarre plus lentement. Le Parti camerounais pour la Réconciliation nationale (PCRN) rencontrait hier les électeurs de Boumnyebel, dans le Nyong-et-Kelle. De son côté, Ernest Pekeuhouo, président du Bloc pour la reconstruction et l’indépendance économique du Cameroun (BRIC), a présenté les propositions de ses candidats lors du programme spécial diffusé samedi soir sur la CRTV, en attendant les premières descentes sur le terrain. Plusieurs formations de l’opposition ont prévu de lancer leurs activités ce lundi, à l’image du Mouvement démocratique pour la défense de la République (MDR) dans le Mayo-Kani ou de l’Union démocratique du Cameroun (UDC) dans le Noun. Le président du Conseil régional de l’Adamaoua et cadre de l’Union nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), Mohamadou Dewa, doit, lui, présenter le bilan de son équipe ce soir sur la CRTV.
Chez les chefs traditionnels, la mobilisation reste plus discrète. Des rencontres avec leurs pairs sont toutefois prévues dans les prochains jours. « On a déjà rencontré les autres chefs, mais il y aura d’autres échanges dans les jours à venir », explique Alioum Amadou, lamido de Guidiguis. Dans ce contexte, la campagne s’adapte à la nature particulière de ces élections. La stratégie privilégiée repose sur des réunions restreintes et ciblées avec les membres des collèges électoraux, plutôt que sur des rassemblements de masse. Entre affichage médiatique et actions sur le terrain, chaque parti tente de créer le momentum nécessaire pour séduire les électeurs clés et marquer les esprits dans ce sprint électoral de quinze jours.
